ZOOM sur le biodégradable

La surconsommation de biens de consommation a des effets négatifs sur notre planète. En effet, tout au long de la durée de vie d’un produit, de sa création à sa destruction, les biens émettent des déchets qu’il est plus ou moins facile à faire “assimiler” à notre écosystème. C’est pour cette raison que la notion de biodégradabilité d’un produit devient une notion cruciale pour l’avenir de notre planète.

Biodégradable, ça veut dire quoi ?

Étymologiquement, le terme biodégradable est composé d’un préfixe “bio-” qui signifie la vie et de “-dégradable” qui est associé au dérivé du verbe “dégrader” et du suffixe “-able” qui exprime une capacité.


Un produit biodégradable signifie donc la capacité d’un produit à se décomposer totalement ou partiellement dans l'environnement. Cette décomposition est un processus progressif de simplification de la structure chimique des éléments organiques qui composent l’objet. Ce processus est dû à l’action de micro-organismes comme les bactéries et champignons, ou encore d’éléments tels que l’oxygène, l’humidité et la chaleur. À la suite de cette action, on dit que le produit est bio-assimilable par la planète. La biodégradabilité, c’est donc la capacité intrinsèque d’un objet à se décomposer en élément simple (CO2 ou minéraux) dans l’eau ou dans le sol.


L’élément important de cette notion est la rapidité que met un produit à se dégrader dans un milieu naturel sans l’impacter ou le perturber.

La vitesse de dégradabilité est liée à deux éléments :

  • La composition chimique du produit, en effet une feuille morte est biodégradable à 100% en quelques semaines alors qu'une bouteille plastique nécessite environ 4 000 ans.
  • L’environnement (température, humidité, lumière, oxygène) dans lequel le produit se dégrade.

À noter que notre écosystème a une capacité limitée d'absorption des produits biodégradables. Une demande trop importante d’absorption de produits biodégradables peut créer un risque de « dégorgement ». Ce phénomène peut se traduire par exemple par l'eutrophisation des étangs, à savoir une pollution au nitrate.

Dans notre esprit, mais aussi dans les textes de loi, le terme « biodégradable » est souvent associé à celui de « compostable ». Il est cependant important de les différencier car ils ne sont pas équivalents. Un produit compostable est forcément biodégradable mais la réciproque n’est pas vraie : un produit biodégradable n’est pas forcément compostable. C’est par exemple le cas des agrumes.
Les éléments pouvant entrer dans la catégorie des compostables sont par exemple : les légumes, certains fruits, les marcs de café, les coquilles d’œufs, et les plantes vertes…

Qu’est ce qui est biodégradable ?

Les produits non transformés 

Toutes les matières premières végétales non synthétiques présentes dans un produit ont un fort potentiel de dégradabilité.

Les emballages

Un emballage est considéré comme biodégradable s’il se décompose en moins de 6 mois. Les matières qui composent les packagings biodégradables viennent de matériaux naturels comme le bois, le palmier, le bambou, le maïs, ou encore les fibres de canne. Ils sont souvent utilisés pour conditionner les produits alimentaires dans la restauration, mais aussi dans le conditionnement des produits cosmétiques.

À noter qu’un certain nombre d’emballages papiers ou cartons qui pourraient être biodégradables, comportent un pelliculage intérieur et/ou extérieur en plastique. Ce type de packaging a pour atout d’utiliser moins de plastique mais le pelliculage le rend non biodégradable.

Quid du plastique

Le plastique est le composant d’emballage le plus utilisé dans le monde car facile à produire et à manipuler. Il résiste aux chocs, aux variations de température, à l’humidité et est peu onéreux pour les industriels. Il existe 3 grandes familles de plastique :

  • Les thermoplastiques : ils sont facilement maniables sous l’effet de la chaleur et peuvent être plusieurs fois transformés, ils sont donc facilement recyclables. On les reconnaît à leur aspect transparent ou coloré.
  • Les thermodurcissables : ces plastiques prennent une forme définitive et dure dès le premier refroidissement. C’est un matériau solide qui résiste à la chaleur et à certains produits chimiques.
  • Les élastomères issus du latex d’Hévéas ou du caoutchouc naturel : ils ont la capacité à se déformer et à reprendre par la suite leurs formes initiales. Ils ont comme caractéristiques d’avoir une grande élasticité et étanchéité.


Le plastique est essentiellement fabriqué à partir de pétrole, une énergie fossile polluante pour la planète et dont les réserves diminuent du fait de sa surconsommation. Dans une démarche d'écoconception, il est conseillé d’utiliser des thermoplastiques car ils sont recyclables. Cependant, de par leur composition, aucune des 3 grandes familles de plastique n’est biodégradable.


Selon un rapport de WWF publié le 8 juin 2019, en 2016, la France a généré plus de 4,5 millions de tonnes de produits plastiques. De plus en plus décrié par les consommateurs, dans les années 2000, les industriels ont dû répondre à cette nouvelle demande en créant les bioplastiques. Cette nouvelle forme de plastique provient majoritairement de matériaux biosourcés et/ou biodégradables. C’est-à-dire qu’ils peuvent être fabriqués en partie ou en totalité à partir de matières végétales comme le maïs, le manioc, la pomme de terre, le bois, la betterave, les cotons et les algues.
À savoir qu’un plastique peut être considéré comme biosourcé s’il contient au minimum 40% de matière végétale et s’il respecte la norme européenne EN 13432.

On compte à ce jour 3 type de bioplastiques :

  • Les bioplastiques conçus à partir d’amidon ou de bois qui sont biosourcés et biodégradables.
  • Les bioplastiques fabriqués à partir de matériaux d’origine fossile mais qui sont biodégradables.
  • Les bioplastiques conçus à partir de matériaux biosourcés mais non biodégradables.

Par conséquent, tous les plastiques biosourcés (qui contiennent au minimum 40% de matières végétales) ne sont pas forcément biodégradables.

De plus, la notion de “biosourcé” fait référence aux matières premières utilisées lors de la fabrication du produit alors que la notion de biodégradabilité est spécifique à la fin de vie du produit.

En 2012, la part de la production de bioplastique ne représentait que 0,4% de la production de plastique dans le monde. Ce pourcentage a augmenté ces dernières années mais reste insuffisant. Le principal point de blocage pour les industriels reste le coût de production des bioplastiques, qui est beaucoup plus important que celui du plastique conventionnel.

Comment reconnaître les emballages plastiques biodégradables ?

En Europe il existe un organisme Belge TÜV Austria Belgium qui appose des logos sur les produits biodégradables et compostables. Ce label privé suit la norme européenne EN13432 en ce qui concerne les emballages et atteste que le bioplastique est biodégradable à 90% en 6 mois maximum. Il existe plusieurs labels :

  • “OK compost” pour le produit pouvant faire partie du compost industriel
  • “OK Compost Home” pour le produit pouvant faire partie du compost ménager
  • “OK Biobased” pour les produits Biosourcés
  • “OK Biodegradable Soil” : garantit que le produit / la matière première est entièrement biodégradable dans le sol (un avantage pour les produits agricoles ou horticoles).
  • “OK Biodegradable Water” : le produit / la matière première se dégrade en eau douce.
  • “OK Biodegradable Marine” : certifie que le produit / la matière première se dégrade dans l’eau de mer.
  
Pour plus d’info rendez-vous sur le site : http://www.tuv-at.be/solutions/

Les Normes sur la biodégradabilité

La commission européenne a harmonisé en 2002 les normes relatives aux caractéristiques pour qu’un produit soit considéré comme biodégradable ou compostable. La norme EN13432 définit “Les Caractéristiques des emballages valorisables par compostage et biodégradation”, elle détermine les "Schémas d'essai et les critères d'évaluation pour l'acceptation finale des emballages". Cette norme permet de résoudre les problèmes de définition et de caractéristique qu’un produit et qu’un matériau doivent avoir pour être considérés comme compostables ou biodégradables. À savoir :

  • Un produit doit atteindre 90% de biodégradation en moins de 6 mois s’il est soumis à un environnement riche en gaz carbonique
  • Une faible concentration en métaux lourds et fluor
  • Les matières premières ne doivent pas avoir d’effet négatif sur le processus de compostage
  • Une valeur de pH limitée
  • Une concentration en élément solide volatile limitée
  • Une concentration en azote, phosphore, magnésium et potassium limitée
  • Un contenu en sels minéraux faible


La législation européenne permet maintenant aux marques de faire inscrire le terme “facilement biodégradable” si l’emballage ou le produit se dégrade à plus de 70% en moins d’un mois. Cette allégation est principalement réservée aux emballages et aux produits détergents. Pour le moment, les marques ne sont pas tenues de faire certifier leurs produits cosmétiques comme étant “facilement biodégradable” d’autant plus que cela a un coût, comme toutes les certifications.


Le mode de calcul pour déterminer si un produit est “facilement biodégradable” ou non a été fixé par l’OCDE, et la bonne utilisation de cette allégation est contrôlée par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes).
Par ailleurs, l’OCDE distingue deux types de biodégradabilité : facile et intrinsèque.

Degrés de biodégradabilité

Le degré de biodégradabilité d’un produit dépend de deux éléments :

  • son temps de dégradabilité
  • sa composition

Tous les produits se dégradent dans la nature qu’ils soient organiques ou non. Ce qui va varier, c’est le temps de biodégradabilité et l’impact possible sur l’environnement en fonction des matières premières utilisées.
Pour déterminer si un produit se biodégrade facilement, différentes méthodes d’analyses sont réalisées en fonction des matières premières qui le composent. Voici une description rapide des méthodes de mesure :

 

Des analyses complémentaires ou spécifiques sont possibles.
Pour en savoir plus sur ce sujet :

Nous vous donnons quelques exemples du temps de dégradation de certains produits de consommation courante :

Atelier Populaire et la thématique du biodégradable

Chez Atelier Populaire, tous nos savons saponifiés à froid sont biodégradables. Cela s’explique par leur composition qui est 100% naturelle et au maximum biologique.
Pour les boîtes d’emballage de nos savons, nous avons choisi un carton recyclable, une encre végétale et nos imprimeurs sont certifiés FSC et PEFC. À savoir que sur notre e-shop et chez certains de nos revendeurs, nos savons sont disponibles sans emballage.

Quid du packaging de notre gamme d’huiles
Atelier Populaire a fait le choix de l'écoconception pour son emballage d'huile. C'est-à-dire prendre une décision qui n'est pas optimum mais optimale. Elle répond à des contraintes industrielles, qui garantissent la qualité et la bonne conservation de nos produits, tout en limitant autant que possible notre impact environnemental.

Pour des raisons logistiques et pratiques, nous avons fait le choix d’un packaging en plastique recyclable. Pourquoi ce choix ?
L'huile étant par essence une substance grasse, toute matière papier ou carton est inenvisageable. Le verre aurait pu être une solution mais, c'est un matériau fragile et lourd à transporter. C'est pour toutes ces raisons que nous avons choisi un plastique 100% recyclable.



Les chercheurs et les industriels s'efforcent de fabriquer de nouveaux matériaux plus écoconçus et éco-durables pour proposer des alternatives au plastique. Si les bioplastiques sont une avancée, nous avons bien vu qu’ils ne sont pas forcément optimaux ; biosourcé ne signifiant pas obligatoirement biodégradable, et vice versa. Pour le moment, il n’existe pas de packaging parfait, 100 % biosourcé, écologique et biodégradable. En tant que marque cosmétique, il nous faut donc réfléchir en terme d’écoconception pour proposer des produits qui répondent à nos valeurs et à notre cahier des charges, tout en polluant le moins possible.

 

Les sources :