ZOOM sur l'industrie de l'huile de palme et ses conséquences sur l'environnement

L’huile de palme est à l’heure actuelle un ingrédient très controversé dans le monde entier. Décriée pour ses effets catastrophiques sur la planète, elle est impliquée dans le réchauffement climatique.
On en entend surtout parler pour son utilisation dans la pâte à tartiner (chaque cuillère dans le pot vous fait culpabiliser face aux orangs-outans 🐒) mais on la retrouve dans bien d’autres produits que vous côtoyez au quotidien (surprise surprise 😏).
Finalement l’huile de palme en elle-même est-elle si mauvaise qu’elle en a l’air ? Serait-elle entrain de porter le chapeau d’une surexploitation par l’homme ? Aujourd’hui on s’attaque à un sujet un peu flou afin de soulever les mystères autour de cet ingrédient et vous aider un peu plus à démêler le vrai du faux et faire des choix avisés 💡.

D’où provient l’huile de palme ?

Le palmier à huile ou éléis de Guinée (nom latin : Elaeis guineensis) est une plante de la famille des arécacées (plus communément appelé les palmiers 🌴). C’est une plante originaire de l’Afrique Occidentale et plus précisément de Guinée (d’où son nom latin). “Eleais” provient du mot grec ancien “elaia” signifiant olive, à cause de ses fruits riches en huile.

Les fruits du palmier à huile sont de couleur jaune orangée et contiennent environ 35% d’huile. Ses fruits sont composés d’un noyau blanc et ils sont récoltés par grappes. Deux types d’huile différentes sont issues du palmier à huile :

  • L’huile de palme, extraite de la pulpe des fruits, est de couleur rouge et est utilisée principalement dans l’industrie alimentaire, par exemple pour la fabrication des huiles de fritures et des margarines. Mais c’est aussi une huile utilisée dans l’art culinaire en Afrique pour la réalisation de sauces par exemple.
  • L’huile de palmiste, obtenue par extraction à partir de l’amande du fruit (le noyau), est de couleur blanche et est très prisée dans les savonneries.

Cette famille de plantes est répandue dans toute la zone intertropicale car la croissance du palmier à huile nécessite des conditions climatiques annuelles constantes, avec une température annuelle variant entre 25°C et 32°C ainsi qu’une pluviométrie optimale d’environ 2000 mm de précipitations par an. Les principaux producteurs mondiaux sont situés :

  • en Afrique avec le Nigéria (1,5% de la production mondiale) et la Côte d’Ivoire (0,6%)
  • en Asie avec la Malaisie (33%), l’Indonésie (52%), la Thaïlande (3%) et la Papouasie-Nouvelle-Guinée (0,9%)
  • en Amérique du Sud avec la Colombie (2%) et l’Equateur (0,8%)
(Tous les chiffres datent de 2014)


    De nos jours, à l'échelle mondiale, les leaders mondiaux sont l’Indonésie et la Malaisie.

    C’est désormais l’huile la plus utilisée au monde, avec 62 millions de tonnes produits chaque année, selon l’European Palm Oil Alliance, avec une production qui a quadruplé en 20 ans .

    A quoi sert-elle ?

    Pour comprendre pourquoi l’huile de palme est tant convoitée, il est nécessaire de savoir ce qu’elle contient, car concrètement c’est ça qui intéresse nos industriels …

    L’huile de palme est une huile végétale extraite à chaud de la pulpe des fruits jaunes orangés. Elle subit plusieurs transformations pour passer d’huile brute de couleur rouge, à l’huile incolore et inodore utilisée en industrie. Pour en savoir plus sur sa fabrication, il y a des vidéos très didactives sur https://palmoilalliance.eu/how-is-palm-oil-produced/

    On l’appelle par défaut “huile” alors qu’à température ambiante (25°C) elle est solide. Son point de fusion est situé autour de 38°C, ce qui signifie qu’au dessus de cette température, l’huile est à l’état liquide et qu’en dessous elle est pâteuse voir complètement solide.

    C’est notamment sa composition en acides gras qui lui donne ses caractéristiques physiques. Rappelez-vous, comme déjà expliqué dans l’article ZOOM sur nos ingrédients, les acides gras saturés donnent un aspect solide, alors que les acides gras insaturés vont apporter de la fluidité aux corps gras :

    • Acides gras saturés :
      ≃ 42% d’acide palmitique
      ≃ 4% d’acide stéarique
    • Acides gras mono insaturés :
      ≃ 40% d’acide oléique (oméga 9)
    • Acides gras poly insaturés :
      ≃ 8% d’acide linoléique (oméga 6)


    Aujourd’hui, c’est l’huile la plus utilisée au monde, alors qu’il y a une trentaine d’années, elle était peu présente. Pourtant en tant que particulier, on ne l’utilise pratiquement jamais à l’état brut, en tous les cas très peu en Europe. Et malgré tout c’est une des huiles les plus importées en Europe.

    On la retrouve principalement dans l’industrie agro-alimentaire pour fabriquer pléthore de produits transformés (gâteaux, pâte à tartiner, chips, céréales …) car elle est inodore, incolore, solide à température ambiante et pas cher ! Cela permet donc d’avoir des préparations alimentaires qui auront une belle tenue à température ambiante, sans influencer le goût ou l’odeur du produit, tout en conservant des tarifs bas.

    Saviez-vous qu’en France 76% de l’huile de palme importée est utilisée dans le biocarburant ? Elle est considérée comme une source pour fabriquer du “biocarburant”. D’après le ministère de la transition écologique et solidaire : “Les biocarburants sont des carburants de substitution obtenus à partir de la biomasse (matière première d’origine végétale, animale ou issue de déchets). Ils sont généralement incorporés dans les carburants d’origine fossile”. Leur utilisation est valorisée grâce à une réduction de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) dans l’idée de diminuer l’utilisation d’énergie fossile. Le 16 octobre 2018, l’assemblée nationale a voté pour l’exclusion de l’huile de palme de la liste des biocarburants. Cet amendement signifie que les industriels n’auront plus d’avantage fiscal concernant la TGAP, mais que l’huile de palme sera toujours autorisée pour la fabrication de carburant. Cet amendement sera discuté en janvier 2020 lors du projet de loi de finances. Donc rien d’acquis pour le moment…


    Fun fact : Selon l’ONG bruxelloise Transport & Environnement, les biocarburants à base d’huile de palme s’avèrent plus polluant que n’importe quels autres carburants et sont 3 fois plus nocifs pour le climat que le diesel fossile.

    Enfin on retrouve de l’huile de palme dans les produits cosmétiques (d’où notre article), on en parle juste après.

    Et l’environnement dans tout ça ?

    Cet ingrédient si utilisé est de plus en plus critiqué car la production d’huile de palme va de paire avec une déforestation massive. Les plantations de palmier à huile sont à l’origine de 40% de la déforestation liée à l’agriculture en Indonésie, les conséquences pour la biodiversité sont catastrophiques.

    Le besoin est devenu tellement important que des surfaces immenses de forêt sont brûlées pour planter des palmiers à huile à la place et, la fumée provoquée par les feux libère des tonnes de CO2, un gaz responsable du réchauffement climatique.

    En conséquence, des milliers d’animaux comme les orangs-outans perdent leur milieu de vie ainsi que leurs réserves de nourriture 🙈

    Si l’utilisation de l’huile de palme est néfaste pour l’environnement, pourquoi ne pas privilégier d’autres huiles ?

    La principale raison est évidemment économique : le prix de l’huile de palme brute est inférieur de 10 % à 30 % comparativement à ceux de l’huile de soja et de l’huile de colza (source Oil World).

    Elle nécessite moins de carburant et de pesticides par unité produite que le colza et le soja, et sa culture monopolise le moins de terre pour la production d’huile. Elle se conserve plus longtemps que les autres huiles (notamment car elle contient en grande proportion des acides gras à chaînes courtes et qu’elle est raffinée) : 5 ans contre 1 an pour l’huile de soja et l’huile de colza. Et son rendement est beaucoup plus important : 10 fois plus de matière grasse par hectare que le soja et 5 fois plus que le colza. L’huile de palme produit en moyenne 4 tonnes d’huile par hectare contrairement aux 0,72 tonnes de l’huile de colza et aux 0,40 tonnes de l’huile de soja.
    L’huile de palme a donc de fabuleux avantages non négligeables.

    Fun fact : Pour déconstruire les idées reçues sur l’huile de palme, saviez-vous que la première cause de déforestation importée* en Europe est due au soja ?
    Entre 1990 et 2008, 60% de la déforestation importée était due aux denrées alimentaires. Parmi ces cultures, on retrouve le soja (60 %), l’huile de palme (12 %), le cacao (8 %), le café (4 %) et le caoutchouc naturel (3 %)
    *D’après la SNDI, la déforestation importée est “L'importation de matières premières ou de produits transformés dont la production a contribué, directement ou indirectement, à la déforestation, à la dégradation des forêts ou à la conversion d'écosystèmes naturels en dehors du territoire national”.

    Finalement, l’huile de palme regroupe de nombreuses caractéristiques attrayantes pour les industriels et par défaut pour les agriculteurs. Plusieurs modes d’exploitations agricoles se sont donc formées pour faire parti de ce marché juteux :

    • les plantations industrielles (≃60%), elles utilisent des pesticides et sont majoritairement responsables de la déforestation par le feu en Malaisie et en Indonésie.
    • les petites plantations (≃40%), elles permettent de faire vivre des travailleurs indépendants, mais n’empêchent pas d’utiliser des pesticides à foison et de brûler en masse.
    • les plantations durables (≃19%) produisent de l’huile de palme certifiée RSPO. Elles respectent l’environnement en évitant par exemple la déforestation par le feu.
    • les plantations biologiques qui respectent la vie et la biodiversité, et interdisent l’utilisation de pesticides.

    La RSPO, ça vous parle ?

    Créée en 2004 pour répondre à un besoin urgent en huile de palme durable, la RSPO (Roundtable on sustainable palm oil), en français : table ronde pour l’huile de palme durable, est une association à but non lucratif qui rassemble les acteurs des sept secteurs de l’industrie de l’huile de palme :

    • les producteurs
    • les négociants
    • les distributeurs
    • les organismes de recherche
    • les ONG (protection de l’environnement, défense des droits sociaux…)
    • les banques et investisseurs
    • les fabricants de biens de consommation


    Aujourd’hui elle compte plus de 4000 membres dans le monde, engagés à produire ou à utiliser de l’huile de palme durable.

    Son objectif est de développer et de mettre en application des normes mondiales concernant l’huile de palme durable, afin d’en promouvoir la croissance et l’engagement des parties prenantes.

    L'association assure la promotion de pratiques de production de l’huile de palme permettant de réduire la déforestation, de préserver la biodiversité, de respecter les moyens de subsistance des communautés dans les pays producteurs d’huile. Elle s’assure qu’aucune nouvelle forêt primaire ou autre espace à haute valeur (tourbière) ne soit sacrifié pour des plantations d’huile de palme. Elle renforce la protection des espèces animales menacées en prévoyant des corridors entre les plantations. Elle interdit l’utilisation de certains pesticides. Elle s’assure aussi que les conditions de vie des travailleurs soient respectés. On retrouve parmi les engagements clés l’égalité salariale entre hommes et femmes, la reconnaissance du statut des femmes comme petits exploitants et l'interdiction du travail des enfants dans les plantations.

    En 2011, la RSPO a déposé la marque CSPO pour “Certified sustainable palm oil” afin de permettre aux membres d’affirmer leur engagement envers l’huile de palme durable. Via une certification, les entreprises peuvent afficher sur leurs emballages ou documents de communication ce logo :

    L’objectif est de garantir la traçabilité de l’huile de palme durable, jusqu’à sa consommation finale. Plusieurs modèles de traçabilité sont prévus par RSPO :

    • Identity Preserved (IP) : On peut tracer tout au long de la chaîne d’approvisionnement l’huile de palme certifiée. Elle peut être physiquement retrouvée dans sa plantation d'origine.
    • Segregated (SG) : Les produits à base d'huile de palme certifiés RSPO livrés à l'utilisateur final proviennent uniquement de sources certifiées RSPO.
    • Mass Balanced (MB) : C’est un mélange d’huile de palme durable et non durable.

    Ce sont des organismes indépendants qui peuvent certifier l’huile de palme. Par exemple en France, la certification peut se faire par Bureau Veritas.

    En 2018, 19% de l’huile de palme mondiale était certifiée durable par la RSPO. La plupart des exploitations sont tenues par des petits propriétaires. On en compte 124 469 qui représentent 325 655 hectares de terres certifiées.

     

    Y a t-il mieux que l’huile de palme durable certifiée RSPO ?

    L’huile de palme certifiée biologique est une alternative très intéressante. Sa culture est moins polluante car gérée durablement et éthiquement. Elle oblige au respect des forêts primaires, au maintien durable de la fertilité du sol en autorisant l’utilisation engrais d’origine naturelle et en interdisant les pesticides.

    En terme de fabrication de l’huile en elle-même, la certification «Agriculture Biologique» (règlement CE 834/2007) interdit certains procédés comme l’extraction des huiles à l’hexane, l’estérification et l’hydrogénation des lipides. En bio sont seulement autorisés des procédés de chimie verte comme la décoloration et la désodorisation par filtration naturelle. Cela permet d’avoir une huile incolore et inodore.

    Et l’huile de palme en cosmétique ?

    Comme vu précédemment, l’huile de palme est utilisée à environ 27% dans l’industrie cosmétique, les produits d’entretien et les détergents. Mais elle est utilisée pour quoi concrètement ? On la retrouve dans les savons où elle est utilisée pour la saponification mais aussi dans les gels douches, les rouges à lèvres, la cire pour cheveux, les fonds de teint… En fait pratiquement dans tous les produits cosmétiques !

    On la retrouve rarement pure pour ses propriétés d’huiles végétales, même si elle en a. Son nom INCI si vous la cherchez est Elaeis Guineensis Oil.

    L’huile de palme est principalement utilisée en tant que matières premières pour la fabrication d’ingrédients transformés qu’on retrouve dans des produits cosmétiques plus élaborés :

    • des tensioactifs (aussi appelés agents de surface) : ce sont des molécules qui nettoient et qui moussent. On les retrouve principalement dans les gels douche, les shampoings et les eaux micellaires.
    • des émulsifiants : ce sont des molécules qui permettent la fabrication d’émulsion (tout ce qui est crème visage, crème corps, lotion démaquillante, après-shampoing…). Elles vont permettre de lier la phase aqueuse (l’eau) et la phase huileuse (les huiles) entres elles, afin d’avoir un produit homogène et crémeux. C’est un peu comme la moutarde dans la sauce à salade !
    • des agents de consistance : ce sont des acides gras, des alcools gras, des triglycérides… Toute une multitude d’ingrédients qui vont aider à la stabilité de l’émulsion et en même temps lui apporter de l’épaisseur.

    C’est encore une fois sa composition idéale en acides gras, ainsi que son bas prix qui font que l’huile de palme est utilisée pour fabriquer tous ces produits. Compliqué de nos jours donc de l’éviter dans les produits cosmétiques. Cependant, regardons le verre à moitié plein. Les industriels recherchent de nouvelles sources pour le développement et la fabrication de ce types d’ingrédients, comme l’huile de coco, l’huile de ricin, l’huile de soja… En revanche, ce sont des matières premières qui coûtent plus cher (on l’a vu un peu plus tôt), par conséquent les produits cosmétiques finaux coûteront plus cher.

     

    Puisque c’est compliqué de l’éviter dans mes cosmétiques, concrètement qu’est-ce que je peux faire à mon échelle ?

    Concrètement, on ne va pas vous conseiller de vérifier si vos produits cosmétiques contiennent de l’huile de palme, même si on vous conseille toujours de lire la liste INCI des produits que vous achetez (référence à l’article ZOOM sur la liste INCI). Il y a 99% de probabilité que oui. Et de toute façon il est très difficile d’identifier sa présence dans la compositions des produits cosmétiques. Elle n’est jamais réellement présente à l’état brut (on rappelle quand même son nom INCI au cas où : Elaeis guineensis oil), mais sous forme transformée (les fameux tensioactifs, émulsifiants et agents de texture). Et le nom INCI d’ingrédients transformés va généralement décrire sa fonction et non pas son origine. Puis un même ingrédient peut provenir de différentes matières premières (palme ou coco par exemple). Voilà pourquoi il est compliqué de savoir si un ingrédient transformé est issu du palme.

    Alors concrètement on fait quoi si on ne peut pas l’éviter ? On se tourne à minima vers de l’huile de palme durable et au mieux vers de l’huile de palme biologique ! Pour vous aider, il y a des labels certificateurs indépendants qui coûtent cher aux entreprises, mais qui permettent de guider les consommateurs.

    En cosmétique, il n’est pas possible de faire certifier les produits avec le label RSPO. Seule l’huile de palme utilisée pour fabriquer des ingrédients cosmétiques peut l’être. Donc ne cherchez pas le logo RSPO (le petit palmier 🌴) sur votre emballage cosmétique. Par contre certains labels, comme COSMOS (référentiel V3 - 5.3.1 et et 7), obligent les entreprises faisant certifier leurs produits cosmétiques d’utiliser uniquement de l’huile de palme durable certifiée RSPO ou même mieux certifiée biologique. Cette fois-ci on recherche sur les emballages les Il y en existe plusieurs car COSMOS regroupe 5 organisations européennes certificatrices de cosmétiques bio et naturels : BDIH en Allemagne, Cosmebio et Ecocert en France, ICEA en Italie et Soil Association au Royaume-Uni.

     

     

    Pour en savoir plus sur cette la certification COSMOS lire notre article du blog :
    https://www.atelierpopulaire.fr/blogs/infos/zoom-sur-la-certification-ecocert-cosmos

     

    L’huile de palme dans la fabrication des savons : bon ou mauvais combo ?

    Dans les savons, l’huile de palme et l’huile de palmiste sont utilisées comme huiles de saponification car elles ont des compositions idéales pour en fabriquer ! Elles sont riches en acide palmitique, ce qui va permettre au savon d’être dur, d’avoir un fort pouvoir moussant et d’être nettoyant. De plus, ces huiles sont traitées pour être inodores et incolores. On peut donc avoir des bases de savons neutres à très bas coût ! Aujourd’hui, la plupart des savons vendus contiennent de l’huile de palme et/ou de palmiste. Pour les reconnaître, on regarde dans la liste INCI si “sodium palmate” (huile de palme saponifiée) ou “sodium palm kernelate” (huile de palmiste saponifiée) apparaissent.

    Pour comprendre pourquoi on en retrouve dans pratiquement la quasi totalité des savons vendus sur le marché aujourd’hui, il faut comprendre quelles sont les différentes façons de fabriquer du savon et quelle est la méthode utilisée par les industriels.

    • Les bondillons : Les savonniers s’installent à côté des usines d’huile de palme, surtout en Indonésie et en Malaisie, et fabriquent en grande quantité du savon saponifié à chaud qu’ils mettent ensuite sous forme de bondillons de savons. Ces bondillons vont être achetés par les “savonniers” dans le monde entier, dont les français, pour y ajouter des additifs commes des exfoliants, du parfum, des colorants et des anti-chélatants (molécules qui réagissent avec les métaux présent dans l’eau du robinet pour éviter à ceux-ci de réagir avec le savon et de l’oxyder).
      La fabrication du savon dit “artisanal” qu’on retrouve sur les marchés l’été et du savon industriel (savons des grandes marques qu’on trouve en supermarché) rentre dans ce mode de fabrication.

    • La saponification au chaudron à chaud (méthode de Marseille) : Les matières grasses et la soude sont chauffées. Le savonnier met de la soude en excès afin d’être sûr que toute la phase huileuse présente dans la préparation soit transformée en savon. La pâte est ensuite cuite dans le chaudron pendant 24h, puis est rincée à grandes eaux pour enlever la soude présente en excès. On se retrouve avec des savons très décapants car il ne reste plus d’huile dans le savon. Au top pour laver son linge, mais pas sa peau !

    • La saponification à froid (méthode ancestrale) : Les matières grasses et la soude sont mélangées pendant environ 20 minutes, sans les chauffer. Les avantages sont multiples : moins d’énergie utilisée, savons plus doux pour la peau et pour la planète. Cependant un temps de séchage des savons est nécessaire (la cure), il dure environ 1 mois contrairement à la saponification à chaud qui n’en a pas car toute l’eau est évaporée lors de la cuisson. Les plus doux des savons pour se laver !


    Pour plus d’informations sur la saponification, lire notre article sur le blog :
    https://www.atelierpopulaire.fr/blogs/infos/le-savon-a-froid-pourquoi

    Pourquoi avoir fait le choix de faire des savons saponifiés à froid sans huile de palme ?

    Un des grands avantages de la saponification à froid est de pouvoir sélectionner les huiles à intégrer pour fabriquer le savon. Lorsque les industriels achètent les bondillons de savons déjà prêts, les huiles sont déjà choisies et c’est très souvent l’huile de palme qui est la grande gagnante.

    C’est donc au tout début du développement de nos formules que s’est posé la question de l’huile de palme. Est-ce qu’on fait comme les industriels en l’utilisant car c’est vraiment la matière première idéale pour cette utilisation ? Quels sont les ingrédients qu’on veut éviter ? Quels sont ceux qu’on veut privilégier ?

    On aurait pu vous proposer des savons moins chers en utilisant des matières premières moins coûteuses. Mais pour nous, l’éco-conception est essentielle : limiter l’impact sur l’environnement des produits que nous développons fait parti de nos valeurs. Alors dès qu’on le peut, on évite d’utiliser l’huile de palme.

    Pour les savons, c’est assez facile car les alternatives sont nombreuses. Toutes les matières grasses contenant en grande proportion des acides gras saturés fonctionnent : huile de coco, beurre de karité, beurre de cacao, huile de babassu…
    Chez Atelier Populaire, nous avons sélectionné l’huile de coprah bio (coco désodorisée) qu’on retrouve dans tous nos savons et le beurre de karité bio équitable qu’on retrouve dans les Pavés Tonique, Détente et Scrub.

    En conclusion

    Comme on a pu le comprendre en lisant l’article, ce n’est pas l’huile de palme qui est mauvaise mais sa surproduction et son exploitation.

    Heureusement, il y a un changement de conscience collective et il existe des mouvements très positifs qui donnent de l’espoir et surtout des alternatives. Il suffit finalement de s’informer pour comprendre, se faire son opinion et mettre en place des gestes simples au quotidien.

    En cosmétique, les industriels travaillent d’arrache pied pour proposer de nouveaux ingrédients toujours plus performants, au maximum d’origine naturelle, respectant les procédés de chimie verte et acceptés par les labels de certification naturelle et biologique. La population est de plus en plus consciente des effets néfastes des produits chimiques et synthétiques et est demandeuse de produits cosmétiques naturels et sains.

    Chez Atelier Populaire nous vous conseillons :

    • D’éviter l’huile de palme dans les savons. Pour cela on regarde la liste INCI, exit “sodium palmate” et “sodium palm kernelate”. Et on achète des savons saponifiés à froid et certifiés biologiques. Tous nos savons respectent ces conditions : allez jeter un oeil aux gammes Les 4 Pavés et  Le Pavé de Paris.

    • Pour tous les autres produits cosmétiques, on privilégie des produits certifiés bio par des labels reconnus, comme COSMOS. La composition des produits est contrôlée, les produits synthétiques sont interdits, ainsi que les procédés de fabrication polluants. Et sur le sujet de l’huile de palme, ils obligent les fabricants à utiliser des ingrédients provenant d’huile de palme à minima durable et certifiée RSPO et idéalement de l’huile de palme certifiée bio.

     

     

     

     

    Bibliographie

    http://nopalm.org/article-22-limpact-de-la-culture-du-palmier-A-huile-sur-le-rAchauffement-climatique

    http://stophuiledepalme.doomby.com/pages/presentation-du-palmier-a-huile-et-de-son-fruit-cirad.html (voir pour la maniere de recolte)

    http://www.fopoleopro.com/marche-mondial-des-oleagineux-juin-2018/

    http://www.intelligenceverte.org/huile-de-palme-bio.asp

    https://palmoilalliance.eu/how-is-palm-oil-produced/

    https://rspo.org/about

    https://theconversation.com/non-lhuile-de-palme-nest-pas-responsable-de-40-de-la-deforestation-76955

    https://unctad.org/fr/PublicationsLibrary/INFOCOMM_cp08_PalmOil_fr.pdf

    https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/biocarburants#e0

    https://www.greenpeace.fr/deforestation-huile-de-palme-compte-a-rebours-final/

    https://www.institutmolinari.org/IMG/pdf/note0912_fr.pdf

    https://www.linfodurable.fr/conso/76-de-lhuile-de-palme-est-dans-nos-carburants-2903

    https://www.rspo.org/files/resource_centre/keydoc/8%20fr_RSPO%20Fact%20sheet.pdf

    https://www.sauvonslaforet.org/themes/l-huile-de-palme#start

    https://www.wwf.fr/champs-daction/alimentation/matieres-premieres-agricoles/huile-palme